Bitcoin a perdu près de 50 % de sa valeur depuis son sommet historique d’octobre 2025. En 2026, pas de bull run, pas d’explosion des volumes de détail : le cabinet de recherche Bernstein parle lui-même d’un « cycle ennuyeux ». Pourtant, dans une note récente relayée par Journal du Coin, les analystes de Gautam Chhugani estiment que la thèse Bitcoin reste intacte. Je t’explique pourquoi ce diagnostic mérite d’être pris au sérieux, sans pour autant fermer les yeux sur les risques.
Le cycle ennuyeux de Bitcoin : ce que disent les chiffres
La correction est réelle. Depuis l’ATH d’octobre 2025, Bitcoin a reculé d’environ 50 %. C’est la donnée brute, celle qui fait mal si tu as acheté au plus haut.
Côté ETF, les chiffres ne sont pas non plus rassurants à première lecture : les ETF Bitcoin au comptant ont enregistré des sorties nettes d’environ 2,3 milliards de dollars sur 2026. Quand on compare ce chiffre aux 60 milliards de dollars d’entrées nettes enregistrés en 2025, le contraste est saisissant.
Mais Bernstein contextualise. L’attention du marché de détail s’est largement déplacée vers l’intelligence artificielle en 2026. Dans ce contexte, 2,3 milliards de sorties sur un actif aussi volatil reste, selon eux, un signal presque « encourageant ». Le marché aurait pu se vider bien plus vite.
Et surtout, le solde global reste positif. En additionnant les entrées des ETF et les acquisitions des trésoreries d’entreprises, on obtient environ 12 milliards de dollars nets en 2026. Moins qu’en 2025, clairement, mais pas un exode.
Une base institutionnelle qui s’épaissit discrètement
C’est là le point que je trouve le plus structurellement intéressant dans l’analyse de Bernstein.
Pendant que le retail regardait ailleurs, les acteurs institutionnels ont continué à se positionner. Plateformes de gestion de patrimoine, courtiers, banques privées, fonds de pension et fonds souverains ont augmenté leurs positions en BTC de façon progressive et discrète.
La donnée la plus parlante vient de Glassnode, citée par Bernstein : 61 % de l’offre en circulation de Bitcoin n’a pas bougé depuis plus d’un an. Autrement dit, la majorité des détenteurs ne vend pas, même dans un marché morose. Ce comportement ressemble davantage à une conviction de long terme qu’à une panique retenue.
Du côté des entreprises, Strategy illustre le phénomène : la société a levé 7,5 milliards de dollars via son produit STRC pour financer l’acquisition d’environ 100 000 BTC supplémentaires. Ce type d’achat structuré absorbe une partie de la pression vendeuse liée aux liquidations d’ETF.
Deux forces se compensent donc : des sorties sur les véhicules cotés d’un côté, des achats institutionnels et corporate de l’autre. L’offre disponible se raréfie progressivement, ce qui est l’un des ingrédients classiques d’un cycle haussier à venir, selon les analystes du cabinet.
L’argent se redéploie, pas seulement vers Bitcoin
Un autre signal à surveiller : les capitaux ne quittent pas le secteur des actifs numériques, ils se redéploient.
Une partie des flux migre vers les infrastructures liées à la tokenisation d’actifs du monde réel. Concrètement, ça veut dire des actions, des obligations ou des matières premières représentées sous forme de jetons sur une blockchain. Des plateformes comme Hyperliquid enregistrent une forte croissance des volumes sur ces marchés tokenisés.
J’avais déjà évoqué ce phénomène dans mon article sur Hyperliquid et l’adoption par les traders institutionnels. La dynamique confirme que le marché crypto 2026 n’est pas en train de mourir : il change de forme.
À noter tout de même : la tokenisation d’actifs réels suppose des cadres juridiques et fiscaux encore largement en construction. Ce n’est pas un risque à ignorer si tu envisages d’y mettre du capital.
Ce que ça change concrètement pour toi
Si tu regardes ton portefeuille Bitcoin en ce moment, le tableau est douloureux. Mais quelques points méritent d’être remis en perspective.
Premier point : une baisse de 50 % après un ATH, c’est déjà arrivé plusieurs fois dans l’histoire de Bitcoin. Ce n’est pas une garantie de rebond, mais ce n’est pas non plus une anomalie historique. La performance passée ne préjuge pas de la performance future.
Deuxième point : si 61 % de l’offre dort depuis plus d’un an, c’est que les mains fortes ne paniquent pas. Ça ne signifie pas qu’il faut acheter aveuglément, mais ça réduit le risque d’un effondrement brutal lié à une vague de ventes massives.
Troisième point : si tu n’es pas encore familier avec les véhicules disponibles pour investir en crypto depuis la France, je te recommande de relire mon guide sur les cryptomonnaies : comprendre avant d’investir. La structure fiscale et les risques de plateforme méritent d’être compris avant toute décision.
Quatrième point : Bitcoin ne devrait représenter qu’une fraction d’un portefeuille bien construit. Si tu n’as pas encore travaillé la diversification de ton portefeuille, c’est le bon moment pour y réfléchir, surtout dans un cycle aussi incertain.
Enfin, sur la fiscalité : les plus-values crypto en France restent soumises à la flat tax de 30 %. Si tu envisages de réaliser des arbitrages, relis mon article sur la flat tax (PFU) en 2026 avant de prendre ta décision.
Mon avis
Je ne vais pas te vendre une thèse haussière. Bernstein est optimiste, et leurs arguments sont cohérents. Mais Bitcoin à -50 % reste un actif très risqué dans un environnement macroéconomique incertain. Ce que je retiens de cette analyse, c’est surtout le signal structurel : l’offre se concentre dans des mains qui ne vendent pas, et les institutionnels continuent d’accumuler discrètement. Est-ce suffisant pour déclencher un nouveau cycle haussier ? Personne ne le sait. Ce que je sais, c’est que le pire moment pour prendre des décisions émotionnelles, c’est en plein milieu d’un cycle qualifié d’ennuyeux.
FAQ
Bitcoin va-t-il remonter après une baisse de 50 % ?
Aucune certitude. Historiquement, Bitcoin a déjà connu plusieurs corrections de 50 % ou plus avant de reprendre une tendance haussière. Mais la performance passée ne préjuge pas de la performance future. Une analyse des flux institutionnels et de l’offre disponible peut aider à calibrer le risque, pas à prédire un rebond.
Que signifie concrètement “61 % de l’offre BTC n’a pas bougé depuis un an” ?
Cela signifie que 61 % des bitcoins en circulation n’ont pas été déplacés d’un portefeuille à l’autre depuis plus de 12 mois. C’est une mesure de Glassnode appelée “coin dormancy”. Elle suggère que la majorité des détenteurs conserve ses positions malgré la baisse, ce qui limite la pression vendeuse potentielle.
Les ETF Bitcoin sont-ils toujours pertinents en 2026 ?
Les ETF Bitcoin au comptant ont enregistré 2,3 milliards de dollars de sorties nettes en 2026. C’est moins favorable qu’en 2025, mais les entrées nettes cumulées (ETF + trésoreries d’entreprises) restent positives à environ 12 milliards de dollars. Les ETF restent un véhicule d’accès réglementé pour les institutionnels, mais leur dynamique de flux est à surveiller.
Est-ce le bon moment pour acheter du Bitcoin en 2026 ?
Ce n’est pas une question à laquelle je peux répondre à ta place. Elle dépend de ton horizon de placement, de ta tolérance au risque et de ta situation patrimoniale globale. Si tu débutes, lire les bases sur les risques crypto et la diversification est un préalable indispensable avant tout achat.
La tokenisation d’actifs réels va-t-elle remplacer Bitcoin ?
Non. Bitcoin et la tokenisation d’actifs réels (actions, obligations, matières premières sur blockchain) répondent à des logiques différentes. La tokenisation est une infrastructure financière émergente ; Bitcoin reste positionné comme réserve de valeur décentralisée. Les deux peuvent coexister, mais la tokenisation suppose des cadres juridiques encore en construction, ce qui représente un risque réglementaire à ne pas sous-estimer.
Information & avertissement
Ces informations ont un caractère purement informatif et ne constituent pas un conseil en investissement. Avant toute décision, faites vos propres recherches et consultez un conseiller en gestion de patrimoine indépendant (CGPI) ou un conseiller en investissement financier (CIF) agréé.
FAQ
Bitcoin va-t-il remonter après une baisse de 50 % ?
Aucune certitude. Historiquement, Bitcoin a déjà connu plusieurs corrections de 50 % ou plus avant de reprendre une tendance haussière. Mais la performance passée ne préjuge pas de la performance future. Une analyse des flux institutionnels et de l’offre disponible peut aider à calibrer le risque, pas à prédire un rebond.
Que signifie concrètement “61 % de l’offre BTC n’a pas bougé depuis un an” ?
Cela signifie que 61 % des bitcoins en circulation n’ont pas été déplacés d’un portefeuille à l’autre depuis plus de 12 mois. C’est une mesure de Glassnode appelée “coin dormancy”. Elle suggère que la majorité des détenteurs conserve ses positions malgré la baisse, ce qui limite la pression vendeuse potentielle.
Les ETF Bitcoin sont-ils toujours pertinents en 2026 ?
Les ETF Bitcoin au comptant ont enregistré 2,3 milliards de dollars de sorties nettes en 2026. C’est moins favorable qu’en 2025, mais les entrées nettes cumulées (ETF + trésoreries d’entreprises) restent positives à environ 12 milliards de dollars. Les ETF restent un véhicule d’accès réglementé pour les institutionnels, mais leur dynamique de flux est à surveiller.
Est-ce le bon moment pour acheter du Bitcoin en 2026 ?
Ce n’est pas une question à laquelle je peux répondre à ta place. Elle dépend de ton horizon de placement, de ta tolérance au risque et de ta situation patrimoniale globale. Si tu débutes, lire les bases sur les risques crypto et la diversification est un préalable indispensable avant tout achat.
La tokenisation d’actifs réels va-t-elle remplacer Bitcoin ?
Non. Bitcoin et la tokenisation d’actifs réels répondent à des logiques différentes. Bitcoin reste positionné comme réserve de valeur décentralisée. La tokenisation est une infrastructure financière émergente qui suppose des cadres juridiques encore en construction, ce qui représente un risque réglementaire à ne pas sous-estimer.